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Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer les soldes ?

Photo à la une : The Paradise, BBC.

 

Au dernier mercredi de juin, chaque année en France, on peut entendre la même musique : « JUSQU’À 50% DE REMISE », « TOUJOURS PLUS DE RÉDUCTIONS » et « À MOI LES SOLDES !!! ». Eh oui, la folie des petits prix s’est encore emparée de la France. Mais qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer les soldes ?

 

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au_petit_saint_thomas_peignoi129246_2 2.jpgC’est au magasin Petit Saint-Thomas (1830-1838), à Paris, que naît la fameuse fièvre des achats. Pré-curseur des grands magasins parisiens tels le Bazar de l’Hôtel de Ville, le Printemps et les Galeries Lafayette, le Petit Saint-Thomas rompt avec la tradition des magasins de spécialités : place à l’entrée libre, aux prix fixes affichés et à la marchandise disposée en rayon. Ce qu’on appelle alors « magasin de nouveauté » s’installe sous une période de prospérité économique, ainsi que le dernier régime monarchique, avec Louis-Philippe.

 

La bourgeoisie s’enrichit, mais elle s’ennuie aussi : elle se réfugie alors dans cette nouvelle activité – de nos jours bien connue sous le nom de shopping – et elle témoigne d’une soif de consommation insatiable. L’atmosphère est bien décrite par Émile Zola dans son roman, Au Bonheur des dames.

 

C’est donc l’homme à la tête du Petit Saint-Thomas, un certain Simon Mannoury, qui initie la pratique des soldes. On le dépeint comme un personnage ambitieux et un brin excentrique : plutôt que les banals cahiers de coloriage ou blocs legos, il propose dans son magasin des balades à dos d’âne, pour distraire les enfants !

 

Ceci étant, le principe des soldes n’a rien de si burlesque, quand on remonte à ses premiers jours. Au XIX siècle, les marchands font face à un nouveau trafic, amalgamé de nobles fortunées, de nouvelles riches surexcitées et de citadines flairant la bonne affaire.

 

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Ce public suscite un important volume d’articles, tandis que l’attrait de la nouveauté exige un rythme de roulement effréné. En découle un bon nombre de produits oubliés dans la masse, puis rejetés. Mannoury esquive alors la trajectoire de la poubelle, en soumettant ces stocks mal-aimés à prix cassés : « Il fallait libérer de la place en cassant les prix et récupérer de la trésorerie afin d’acheter les marchandises de la future collection », résume Philippe Moati, professeur d’économie à l’université Paris-Diderot.

 

1834,  le Petit Saint-Thomas recrute le jeune Aristide Boucicaut. Naturellement doué pour la vente, il deviendra chef du rayon des châles. Le magasin coule cependant en 1848, entraîné par le krash boursier de l’année précédente. Boucicaut s’associe aux frères Videaux en 1852, pour fonder le Bon Marché : il y perpétue les principes du commerce moderne, lancés par le Petit Saint-Thomas.  Ainsi, les soldes traverseront les âges.

 

Le principe est légiféré pour la première fois en 1906, en France. À l’heure actuelle, les six semaines bi-annuelles de soldes officielles sont les seules périodes où les commerçants peuvent vendre leur marchandise « à perte ». C’est-à dire, à prix tellement bas qu’ils ne feront pas de profits par articles : d’où l’intérêt de vendre en grande quantité.

 


 

De stratégie commerciale à évènement populaire, les soldes soulèvent aujourd’hui une vague de consommation frénétique, excitant les foules et transformant les plus honorables citoyens en fanatiques de l’aubaine.

 

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Lors des soldes d’été en 2016,  78% des Français ont succombé à la tentation. Les trois premières catégories prisées par les acheteurs : le vêtement, le sport et les produits de beauté/d’hygiène. Les biens de consommation durables sont bons derniers du palmarès…

 

Nous voici à la fin des soldes d’été 2017. Coup de théâtre : à l’instar des prix, les chiffres de fréquentation et de ventes dégringolent !

 

Les analystes blâment notamment les sites de vente en ligne, qui lancent des promotions tout au long de l’année – et ce, sous de prétextes de plus en plus discutables : de la Saint-Valentin à l’Épiphanie en passant par la Journée Internationale du pop-corn. De plus, beaucoup de commerçants sont désormais orientés sur la fidélisation de la clientèle et organisent une semaine de ventes privées, précédant la semaine officielle des soldes. Ainsi, le simple client occasionnel est relégué au deuxième tour, les plus séduisantes aubaines réservées à un public restreint de privilégié(e)s.

 


 

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Cette baisse d’engouement signifie-t-elle également qu’une part des consommateurs se responsabilise, quant aux achats impulsifs ? Si tu ne peux t’empêcher de délier la bourse devant les pourcentages de réduction et les invitations des commerçants (entrez, achetez!), pourquoi ne pas te tourner vers des oeuvres anti-consuméristes ? Voici quelques exemples de films, qui pourront peut-être calmer tes ardeurs :

 

  • Le classique Les Temps modernes (Charlie Chaplin)
  • Le satirique Fight Club (David Fincher)
  • Le documentaire Capitalisme : une histoire d’amour (Michael Moore)
  • L’humoristique Confession d’une accro du shopping (Paul John Hogan)
  • La subtile série Mad Men (Matthew Weiner)

 

Et toi,  quels sont tes trucs pour ne pas céder à la tentation et faire des acquisitions qui ne combleront pas réellement tes besoins ? Raconte-nous !

 

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